Épidémie de choléra en Haïti: le professeur Piarroux demande à l’ONU de respecter les Haïtiens comme égaux en droit

29 08 2011

L’épidémiologiste Renaud Piarroux, auteur d’un rapport de mission concluant à l’origine népalaise de la souche de choléra détectée en Haïti depuis l’hiver 2010, demande à l’ONU de respecter les Haïtiens comme égaux en droit.

Tel est le résumé que nous pouvons faire de la tribune qu’il publie ce 29 août 2011 dans Le Monde, et dont nous faisons écho en la publiant dans son intégralité:

“Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits, même les Haïtiens ?

“Nous y voyons plus clair à propos de l’épidémie de choléra en Haïti : deux études scientifiques publiées cet été, l’une relatant l’enquête épidémiologique de terrain que nous avions réalisée au début de l’épidémie et l’autre comparant les souches de choléra isolées en Haïti et au Népal, concluent que le choléra a bien été importé du Népal. En mai, une commission d’experts mise en place par l’ONU avait dressé un tableau consternant du système d’évacuation des latrines du camp de casques bleus népalais situé dans le village de Meille en Haïti. Notamment, elle décrivait que la fosse où sont déversées les matières fécales des soldats se situe dans un espace ouvert – les enfants viennent y jouer – et lorsqu’il pleut, son contenu part dans une rivière où les habitants du village s’approvisionnent en eau. C’est exactement là que l’épidémie a commencé, quelques jours après l’arrivée de soldats népalais, pour se propager de manière explosive sur des dizaines de kilomètres le long de la rivière Artibonite jusqu’à la mer.

Lorsque l’épidémie a éclatée, une grande partie de la communauté scientifique et humanitaire soutenait qu’il était inutile d’enquêter, voire délétère. Quiconque évoquait le lien avec l’arrivée des casques bleus népalais était accusé de participer à l’instrumentalisation de l’épidémie à quelques jours du scrutin présidentiel du 28 novembre 2010. Pour notre part, conscients que notre investigation épidémiologique n’était pas destinée à établir des responsabilités, nous avions dès le mois de décembre recommandé la réalisation d’une enquête judiciaire sur les origines et le développement de l’épidémie.

Cela a-t-il été fait ? Jusqu’ici non. A quoi bon, puisque le rapport d’experts commandité par l’ONU concluait que l’épidémie de cholera en Haïti n’est la faute ou le fruit de l’action délibérée d’aucun groupe ou individu ? Pas de coupable, pas de responsable, fermez le ban ! Agissant ainsi, l’ONU s’est bien gardée de présenter des excuses, et n’a pas eu à remettre en cause sa manière de fonctionner lors des opérations de maintien de la paix.

Le rapport de l’ONU, comme les deux publications scientifiques, ne sont pourtant que documents scientifiques retraçant l’origine et les voies de propagation de l’épidémie. Leurs auteurs ne sont pas magistrats et une proposition d’innocenter tout le monde n’a pas plus de valeur que n’en aurait eue l’éventuelle désignation de coupables. Ceci ne peut relever que d’une enquête judiciaire, seule susceptible de mettre en évidence les dysfonctionnements précis et les éventuelles responsabilités. Une telle enquête est d’autant plus nécessaire que beaucoup de zones d’ombre subsistent. D’abord, il n’est toujours pas expliqué comment, en l’absence de malades parmi les soldats – c’est du moins ce qu’affirme l’ONU – a pu se déclencher en quelques jours l’épidémie la plus violente jamais décrite depuis quinze ans dans le monde. De même, comment un fleuve au débit supérieur à 100m3/sec a-t’il pu être contaminé sur des dizaines de kilomètres ? Une rumeur en Haïti soupçonne le contractant Haïtien chargé de l’évacuation des déchets d’avoir vidé une fosse septique dans l’eau. Rien ne permet de le confirmer à ce jour, mais rien ne permet de le démentir non plus. Cela n’a tout simplement jamais fait l’objet d’une enquête.

Nous sommes tous d’accord sur le fait que personne n’a délibérément introduit le choléra en Haïti, mais cela ne dispense pas d’établir de manière détaillée les responsabilités individuelles ou institutionnelles. Lorsqu’un avion s’écrase, une enquête est systématiquement diligentée alors qu’il est évident que ni le pilote, ni la compagnie, ni le constructeur de l’avion n’ont volontairement provoqué l’accident. Est-il si incongru de demander la même chose en mémoire des 6000 personnes décédées du choléra en Haïti ? Personne n’aurait contesté la nécessité d’une telle enquête si des faits similaires étaient survenus en Europe ou aux Etats-Unis. D’après la déclaration universelle des droits de l’homme adoptée par l’Assemblée générale des Nations Unies le 10 décembre 1948, tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Monsieur Ban Ki-moon dispose là d’une excellente occasion de traduire en actes les principes fondateurs de l’ONU.”

Signée: Renaud Piarroux et Benoît Faucher, Université de la Méditerranée





Assemblée Générale annuelle 2011 2MH

1 03 2011

Chers adhérents, Chers amis d’Haïti,

L’Assemblée Générale annuelle de l’association « DEUX MAINS, HAITI » (2MH) aura lieu le

MERCREDI 16 MARS 2011 A 19H

Salle d’Apparat, à l’Espace Citoyen Génicart de Lormont, place François Mitterrand.

Nous vous souhaitons nombreux pour faire le point sur les dernières actions de l’association et échanger sur les actions à venir.

L’onde médiatique est passée mais le peuple haïtien a plus que jamais besoin de notre soutien. Nous avons été présents au lendemain du séisme. Restons-lui solidaires.

Ci-après, l’ordre du jour établi par le Bureau :

- Accueil à partir de 19 heures,

- Appel à cotisations pour l’année 2011 (Nous vous rappellons que pour voter il faut être à jour de ses cotisations),

- Début de la réunion à 19h30/19h45,

- Rapport moral et détails des actions menées en 2010 (Président),

- Vote du rapport moral,

- Rapport financier et prévisions budgétaires pour l’année 2011 (Trésorière),

- Vote du rapport financier,

- Echanges sur les projets 2011 et questions diverses.

- Fin de la réunion vers 21h30, suivie du pot de l’amitié. Nous devrons quitter la salle, après l’avoir rangée, à 22h30.

Pour le Bureau de « Deux mains, Haïti »,

Carter CHARLES, Président





Premier bilan de “Deux Mains, Haïti”

12 01 2011

1 an! 12 mois! 365 jours! Des heures et des heures et encore des heures depuis le tremblement de terre en Haïti. Au moment où nous retournons à cette triste date du 12 janvier 2010, l’association “Deux Mains, Haïti”, créée pour venir en aide au peuple haïtien, vous fait part de son bilan annuel. Vous pouvez le télécharger en cliquant sur Bulletin Annuel 2MH.

Nous joignons aussi cette vidéo-diaporama: il s’agit d’un montage avec des photos de nos actions, d’Haïti avant et après le séisme. 

Bien évidemment, il deviendra évident à tout un chacun que ce bilan est très modeste face à l’ampleur de la tâche. Il y a urgence à faire davantage. Nous le pouvons et le ferons grâce à votre soutien.





Pas de petits dons pour Haïti

5 10 2010

Il n’y a pas de petits dons pour Haïti lorsque les jeunes s’en mêlent. C’est ce que nous illustrons à travers cette note.

Au lendemain d’une conférence d’information intitulée “Histoire et interculturalité franco-haïtienne”, organisée dans le lycée Les Iris par notre association, certains  élèves ont voulu agir pour aider Haïti. Thibaud Chaupard, élève alors en classe de première au lycée, a proposé à la vie scolaire d’organiser des tournois afin de récolter des fonds. Son idée a été retenue. Pour  concourir, les élèves ont versé la somme de 1,50 €. Cette petite initiative nous a permis de récolter environ 132€ (photo ci-dessous) pour les actions de “Deux Mains, Haïti” auprès des Haïtiens.

David Bories (élève) remettant une simulation de chèque à Jérôme Fourré, vice-prés. 2MH

132 euros. C’est une somme bien modeste au regard de ce qu’il faut faire en Haïti. Il ne faut toutefois pas négliger la portée symbolique de la somme. Elle montre en effet que nos jeunes ne sont insensibles à la situation des jeunes Haïtiens, victimes des aléas de la vie.

Lots remis aux élèves du lycée Les Iris par 2MH

Pour remercier les élèves de leur engagement, une petite cérémonie a été organisée au lycée au cours de laquelle des lots ont été remis aux équipes gagnantes. Ces lots avaient au préalable été récoltés par les membres de l’association auprès des commerçants de Lormont, en particulier le magasin Inter-Sport du centre commercial 4 Pavillons, et la mairie de Lormont, qui ont souhaité encourager ce genre d’initiatives (le principal magasin du centre commercial, Carrefour, n’a pas voulu accompagner notre démarche). Parce qu’il n’a pas seulement été question de lever des fonds. Le tournoi a également bénéficié aux élèves du lycée qui y ont trouvé l’occasion de se distraire tout en étant dans une démarche de solidarité.

Étaient présents à la cérémonie de remise des lots, Mme Grédoire (proviseur adjointe du lycée et membre de l’association), M. Fourré (vice-président de l’association), Mme Collinet (Trésorière et professeur d’anglais), Mme Estérie (secrétaire adjointe de l’association et professeur d’anglais), ainsi que les membres de la Vie Scolaire du lycée, qui se sont chargés d’organiser les tournois.

L’association “Deux Mains, Haïti”, en partenariat avec le Lycée Les Iris, souhaite vivement reconduire cette initiative l’an prochain, en espérant un appui renouvelé et encore plus conséquent tant au niveau institutionnelle comme l’a fait la mairie de Lormont, qu’au niveau des acteurs économiques de la région. En effet, ce type de manifestation permet de créer une autre dynamique dans les établissements : le personnel éducatif et d’encadrement qui s’y investissent rencontrent les élèves en dehors du contexte “cours”, et parce que cela permet aux élèves de bouger positivement leur établissement en s’impliquant dans ce qui s’y passe.

Il s’agit là d’un exemple de ce qu’il est possible de faire pour impliquer les jeunes, qui n’attendent que d’être sollicités. A la prochaine publication, nous vous parlerons de ce que d’autres jeunes ont fait pour lever des fonds pour Haïti.





Venez faire la fête pour Haïti le 4 septembre à Martignas

27 08 2010

OYEZ ! OYEZ ! Vous habitez Bordeaux et sa région ? Venez passer un moment agréable le 4 septembre, histoire de profiter encore de l’esprit des vacances avant l’intense période de travail qui nous attend.

Venez nous soutenir ! Venez soutenir les jeunes du Kid’s Show à Martignas. Ils sont motivés, ils veulent aider Haïti avec les fonds récoltés dans le cadre du festival.

Venez nombreux ! Venez avec vos amis. C’est le 4 septembre, à partir de 14h.





“Nous n’avons pas; mais nous sommes”

20 07 2010

“Nous n’avons pas; mais nous sommes”!

Telle est la pensée profonde et résolue de Frankétienne (à gauche), “potomitan” (pilliers) de la culture haïtienne, sur son peuple.

“Être”, c’est très certainement ce qui explique le courage du peuple haïtien à se relever depuis des décennies. Il faut maintenant que l’on permette à ce peuple d’utiliser son énergie pour avancer au lieu de créer ou de le maintenir dans des situations qui l’accaparent.

Visionnez plutôt cet entretien de Frankétienne sur Arté, à partir de ce lien, pour saisir toute la vigueur et la lucidité des propos de l’homme sur son peuple.






Informations sur Haïti dans quelques médias français ce matin

4 06 2010

Dans Le Monde en ligne: “Faute d’aide, l’université haïtienne tarde à se relever”. Le constat est inquiétant:  pénurie d’enseignants et de manuels, la fuite des cerveaux continue, et risque de conséquences sociales à avoir une jeunesse qui ne soit pas occupée. Ce constat est établi par l’universitaire Jean-Marie Théodat, qui enseigne à Paris Panthéon-Sorbonne et qui est retourné s’installer en Haïti pour aider à la reconstruction. Il tient un blog sur France Info, accessible à l’adresse suivante: http://radiofrance-blogs.com/radio-ibo.

Plusieurs personnes de notre association sont désireuses, comme Jean-Marie Théodat, de s’installer en Haïti afin d’aider efficacement à la reconstruction, il leur manque seulement le financement pour rendre effectif cette installation.

Bien entendu, il est également question de la conférence sur la reconstruction d’Haïti à Punta Cana, en république dominicaine. Le principal rappel dans cette conférence est l’engagement des pays donateurs. Il reste en effet à concrétiser les promesses faites ici et là car le déblocage de ces fonds détermine l’avancement des travaux d’urgence : relogement des sinistrés (plus d’1 million encore!), reprise effective des cours avec les équipements appropriés, déblaiement, etc. Sans le déblocage de ces fonds, on maintient le pays dans une paralysie qui risque d’augmenter le nombre de victimes du séisme.

A lire dans le NouvelObs en ligne: une note datant du 28 mai dans laquelle la banque mondiale annonce l’annulation de la dette d’Haïti qui s’élevait à 36 millions de dollars (environ 29 millions d’euros). Ce n’est pas beaucoup face à l’ampleur de la tâche, mais c’est une préoccupation en moins,  “c’est toujours ça de pris” comme on dit.

L’immobilise c’est également ce qui est dénoncé par une association française d’adoptants. Cette dernière à dépêché un huissier au Quai d’Orsay pour faire bouger les choses pour les dossiers complets mais qui attendent encore on ne sait pour quelle raison.

Il y a encore d’autres sujets sur Haïti dans la presse française mais nous n’avons retenus que ceux mentionnés ci-dessus.





Recrutement enseignants pour Haïti

31 05 2010

Vous souhaitez aider Haïti? Vous avez une licence ou une maîtrise? Un nouvel établissement, dont le siège se trouve aux Etats-Unis, recrute des enseignants. L’annonce est consultable en ligne sur Télérama mais voici l’offre avec les coordonnées:

A noter qu’il s’agit d’un CDI et qu’il y a plusieurs postes. Merci pour ce que vous faites pour aider durablement ce pays.





Note de synthèse du documentaire d’Enquête Exclusive consacré à Haïti

11 05 2010

Comme il s’était engagé à le faire sur notre page Facebook, notre président vient de rédiger une note de synthèse sur le documentaire St. Domingue – Haïti: l’île aux deux visages. Le documentaire est prévu à la rediffusion mercredi (12 mai), à 22h40. Vous pouvez aussi le visionner pendant encore un certain temps sur M6 Replay.

Voici la note:

Je disais dans ma note du 19 avril, que “après l’émotion du moment… Haïti a encore besoin des médias. Ils ont un travail extrêmement important de garde-fou à accomplir sur place. On a besoin d’eux sur place pour que les aides arrivent réellement dans le pays. On a besoin d’eux pour qu’il y ait  de la transparence dans la gestion et l’utilisation des aides et des dons. On a aussi besoin des médias et de toutes les bonnes volontés pour faire un travail de pédagogie sur Haïti.”

C’est donc avec beaucoup d’attention que j’ai visionné le documentaire de Enquête Exclusive consacré à Haïti. Il faut remercier M. de la Villardière pour ce long coup de projecteur sur Haïti, pays meurtri mais dont on n’entend presque plus parler dans les médias français. Son émission a confirmé ce qui m’était déjà remonté sur la situation en Haïti : “un certain abandon des Haïtiens pour se débrouiller avec ce qu’ils n’ont pas, à savoir des moyens”. On voit en effet dans le reportage des “petites mains”, désignées “fourmis jaunes », déblayer les gravats contre rémunération. Et il y a de quoi se révolter: l’ONU paie le minimum légal en Haïti à des gens qui se tuent à la tâche 8h/jour pour €3 ! Quand on sait que le coût de la vie est devenu beaucoup plus cher depuis le séisme, quand on sait que le minimum légal est le salaire que verserait un entrepreneur véreux dont le seul intérêt est de faire du profit en exploitant les petites gens, on se dit que c’est une honte!

Les Haïtiens sont un peuple travailleur et optimiste. Donc, le seul point qu’ils trouveraient de positif dans ce cash-for-work est le respect de leur dignité, en cela qu’ils ne sont pas assistés mais méritent bien le peu de rémunération. Nous parlons au conditionnel car nous n’avons pas cette conception du respect de leur dignité. Ce salaire, si c’en est vraiment un, ne permet pas de parvenir à l’autonomie. Même si les Haïtiens le méritent, ils sont mis en situation de dépendance permanente. C’est un salaire de subsistance.

M. de la Villardière a suivi une mambo (prêtresse vaudou) qui a souligné le côté déshumanisant de l’action de certaines institutions. Elle a appelé de ses vœux que l’on respecte davantage son peuple, “s’il vous plait, plait, tenez compte du réel haïtien”.

On a également vu trois façons de travailler en Haïti : il y a la « méthode Action Contre la Faim » : l’aide alimentaire est accompagnée de pédagogie, on essaie de connaître et de nouer des liens avec les bénéficiaires ; il y a la « méthode spectacle » : les Haïtiens doivent se mettre en scène (chanter) pour recevoir de l’aide ; il y a la méthode de « bénévoles au bon cœur mais aventuriers ou n’ayant pas beaucoup de moyens » : c’est notamment le cas d’un couple de religieux montré dans le reportage et d’associations haïtiennes qui veulent faire de bonnes choses mais qui n’ont pas leurs entrées dans les réunions où l’on attribue les aides et répartissent les compétences. En effet, selon le reportage, seuls les ONG professionnels et ayant pignon sur rue participent aux réunions de coordination de l’ONU.

J’avais entendu dans une vidéo qui circule sur le net que le séisme avait été démocratique en cela que toutes les couches de la population haïtienne avaient été touchées. Cela se vérifie dans le documentaire ; même si tous n’ont pas la même capacité de réaction. On voit ainsi la maison du chef d’entreprise, Richard Coles, réduite en ruine. Mais tout comme le reste de ses compatriotes, il n’est pas défaitiste ; il est très engagé dans la reconstruction du pays et fait du mieux qu’il peut pour aider : il coordonne l’aide de l’ONU sur place, la branche textile de son groupe fabrique des t-shirts qui sont revendus aux États-Unis et au Canada ; il paie ses salariés le double du minimum légal et il vient en aide à ceux qui ont perdu leurs logements en leur offrant des tentes. Il aurait investit plus de $120 000 à cette fin.

D’un autre côté, le reportage a montré non seulement la différence entre Haïti et Saint Domingue, le pays voisin, mais on voit aussi les Dominicains exploiter les Haïtiens : les concurrents directs de Coles paient une misère aux Haïtiens qu’ils embauchent, ils projettent d’agrandir leur capacité de production en profitant de la main-d’œuvre haïtienne bon marché ; les Haïtiens candidats à l’immigration clandestine paient les gardes frontières dominicains, qui les traquent le lendemain pour les reconduire à la frontière, alors que les Dominicains rentre en Haïti et commercent comme bon leur semble, sans aucune restriction. Tout cela montre l’absence quasi-totale de l’état haïtien, ce n’est pas nouveau.

Bémol sur l’émission : si l’on se réjouit du fait que le documentaire sensibilise l’opinion à la réalité de la situation en Haïti quatre mois après le séisme, on peut regretter le manque d’ouverture sur le reste du pays. Car une fois de plus, on n’a montré que la destruction, les ruines et les malheurs, avec une focalisation sur Port-au-Prince et la frontière avec St. Domingue. On a l’impression d’être au lendemain du séisme, quand les médias et les secours n’arrivaient pas à sortir de la ville à cause des problèmes liés aux infrastructures routières. Port-au-Prince est certes le centre des problèmes mais cette focalisation ne doit pas faire oublier que même si Haïti est un petit pays, elle ne se limite pas à un rayon de 15 kilomètres de désespoir. Il y a une vie à l’extérieur de Port-au-Prince. Il y a des possibilités dans les provinces haïtiennes. On sait qu’il y a environ 1 million de sinistrés dans la capitale. Ce que l’on peut craindre c’est que les sinistrés qui sont partis vers les provinces ne reviennent grossir les rangs de ceux de la capitale. Il eut donc été bon de nous montrer ce qui se passe dans les provinces, ce qui est proposé aux gens.

Cette remarque n’est pas innocente puisqu’elle amène le débat à ce qui nous intéresse au sein de l’association « Deux Mains, Haïti ». Nous sommes certes une petite association qui commence à peine mais d’une manière générale, le documentaire nous conforte dans l’idée qu’il faut se bouger, qu’il faut rassembler les bonnes volontés et présenter un projet qui tienne la route et qui respecte le peuple haïtien. Nous croyons à ce projet. Vous êtes déjà beaucoup à y croire. Allons maintenant à la phase de concrétisation. Certains nous ont déjà fait parvenir des dons et demandent d’adhésion. Nous leur exprimons nos remerciements et remercions d’avance tous ceux et toutes celles qui vont encore y apporter leur contribution.








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